On est la moyenne des 5 personnes qu’on côtoie le plus.
Tu as forcément entendu cette phrase prononcée lors de conférences TED.
Mais d’où vient-elle exactement ?
Après quelques recherches, j’ai remonté la piste jusqu’à son auteur, Jim Rohn, entrepreneur américain et mentor du célèbre Anthony Robbins.
Cependant, je reste perplexe.
Cette maxime peut-elle réduire notre identité à une équation sociale ?
Cette idée qui remonte aux années 70 a été popularisée par les gourous du développement personnel.
Pour cause, son raisonnement est simple : ton entourage immédiat façonne tes comportements, tes croyances et tes ambitions.
Une théorie séduisante qui s’est propagée comme une traînée de poudre dans notre société obsédée par l’optimisation de soi.
Mais il y a un problème avec cette phrase.
Nous ne sommes pas que la moyenne des personnes que nous côtoyons…
Nous sommes la moyenne des personnes que nous choisissons de laisser entrer dans nos vies.
Cette nuance change tout.
Elle replace le pouvoir là où il doit être.
Certaines personnes t’élèvent et te poussent à devenir meilleur.
D’autres absorbent ta vitalité, comme un smartphone dont la batterie se viderait mystérieusement en leur présence.
Dans une relation saine, chaque individu apporte quelque chose à l’autre.
Une perspective nouvelle, un soutien émotionnel ou un partage intellectuel.
Tu ressors de ces échanges grandi et inspiré.
À l’inverse, les relations toxiques agissent comme des vampires énergétiques.
Elles prennent sans jamais rien donner en retour.
Ces gens projettent leurs limitations sur toi.
Ils minimisent constamment tes succès et te rappellent les obstacles qui t’attendent : « Ça ne marchera jamais », « C’est trop risqué », « Personne n’a réussi à faire ça »…
Des phrases anodines mais qui, répétées jour après jour, s’immiscent dans ton esprit.
L’ironie, c’est que nous avons tendance à nous accrocher à ces relations par peur du vide.
Nous devenons complices de notre propre stagnation.
Les années passent, et nous restons suspendus entre ce que nous sommes et ce que nous pourrions être.
Tu n’es pas obligé de conserver quelqu’un dans ton cercle simplement parce que cette personne y est depuis des années.
Le temps passé ensemble n’est pas un contrat d’éternité.
Ce qui comptait il y a dix ans n’est plus valable aujourd’hui.
Nos valeurs évoluent et nos chemins bifurquent.
J’ai en mémoire la phrase de Stendhal qui disait : « Si vous n’avez pas le courage de rompre avec certaines personnes, vous n’aurez jamais celui de faire votre vie ».
Cette séparation n’est pas forcément définitive.
Parfois, il suffit juste de redéfinir les limites, d’ajuster la fréquence des rencontres afin de transformer la nature de la relation.
Dans d’autres cas, la coupure du lien s’impose.
C’est douloureux, mais infiniment moins que de vivre une existence entravée par des personnes qui t’empêchent d’avancer.
Le tri relationnel n’est pas un acte égoïste.
Il est vital.